Quelles sont les différences entre
les différents professionnels
de la Psychologie?
Le Psychiatre
La Psychiatrie classifie et traite médicalement les maladies mentales, dont elle apporte des explications physiologiques et non psychologiques.
Le psychiatre est un médecin. il a suivi des études de médecine à la fin desquelles il s'est spécialisé en psychiatrie. Il réalise des diagnostics et il est le seul "psy"à avoir le droit de prescrire des médicaments et des hospitalisations dans les cas sévères.
Il existe différents types de consultations en fonction du psychiatre:
- une consultation uniquement axée sur l'aspect médical et médicamenteux.
- une consultation médicale mais laissant aussi la place à la parole du patient. Le psychiatre a la prérogative d'être reconnu par l'Etat, comme qualifié pour faire une psychothérapie (ce qui n'est pas vraiment cohérent au vue de sa formation médicale, axée sur la physiologie). En réalité, le psychiatre travaille la plupart du temps en collaboration avec un psychologue dans les cas qui nécessitent à la fois une aide médicamenteuse et un accompagnement psychologique.
- voire une consultation mêlant cure analytique, lorsque le psychiatre est aussi psychanalyste.
Le psychiatre est soumis à l'ordre des médecins et à leur code de déontologie.
Le psychologue
La Psychologie est une discipline des sciences humaines qui étudie la psychologie humaine "normale" et pathologique.
Le Psychologue est un professionnel de la santé psychique.
En général il est un soignant du paramédical, mais il existe aussi des psychologues chercheurs en laboratoire, expérimentateurs, consultants dans les domaines économiques, politiques... dont les objectifs ne sont pas d'ordre thérapeutique.
Le psychologue a suivi une formation en 5 années d'études dans une université ou une école de psychologie. Il est titulaire d'un diplôme professionnel en psychologie (anciennement le DESS, actuellement un Master Professionnel), qui est reconnu et validé par l'Etat.
Il existe plusieurs diplômes professionnels en fonction de la spécialisation, à savoir principalement:
- la neuropsychologie
- la psychologie cognitivo-comportementale (TCC)
Il ne s'agit pas d'études médicales, le psychologue ne prescrit donc pas de médicaments.
Le psychologue aide à identifier les difficultés du patient, en ce sens il peut poser un diagnostic, grâce à la prise en compte des symptômes mais aussi à l'aide de tests.
En fonction, il propose des pistes thérapeutiques, dont les méthodes peuvent varier selon sa spécialisation.
Le psychologue est soumis à un code de déontologie propre à son métier.
Le Psychothérapeute
Le titre de psychothérapeute est protégé par l'Etat.
Seuls peuvent être psychothérapeutes:
- les psychiatres (ou même depuis la loi de 2006 les médecins qui peuvent justifier de 400 heures de formation en psychopathologie clinique et d'un stage pratique d'au moins 5 mois)
- les psychologues qui dans leur formation ont suivi un cursus suffisant en psychopathologie clinique avec plusieurs stages (400 heures de formation et au moins 5 mois de stage pratique)
- les psychanalystes.
Les formes et les techniques de psychothérapies sont très nombreuses (thérapies cognitivo-comportementales, systémiques, transactionnelles, analytique, de la gestalt....). En fonction du courant auquel il se rattache, le psychothérapeute utilise l'une ou plusieurs de ces méthodes.
Le Psychanalyste
La Psychanalyse étudie les rapports entre conscient et inconscient. Elle se base sur l'hypothèse de l'existence de cet inconscient de type freudien.
La psychanalyse est une thérapie longue, qui dure généralement plusieurs années, tout comme la formation d'un psychanalyste.
Le Psychanalyste est un psychothérapeute qui pour le devenir doit:
- lui-même avoir suivi une psychanalyse,
- être affilié à une Ecole de Psychanalyse (une association de psychanalystes partageant les mêmes concepts théoriques de Freud, ou de Lacan ou de Jung,...),
- participer régulièrement aux séminaires et enseignements de l'école concernée,
- suivre une supervision par l'un des membres psychanalystes,
- et enfin, être reconnu officiellement comme psychanalyste par les membres de son école.
Et les Psychopraticiens, alors?
Si le psychologue est logiquement psychopraticien (qui pratique dans le champ du psychique), le psychopraticien lui n'est pas psychologue, il n'est pas diplômé en psychologie, ni même en psychothérapie, au psychopathologie. Il n'est pas non plus donc médecin, ni psychanalyste.
En effet, il faut savoir que le titre de psychopraticien est un titre libre, sans condition de diplôme, qui désigne un professionnel qui pratiquerait la psychothérapie.
Le terme psychopraticien désigne en fait donc ceux qui exerceraient la psychothérapie mais qui n'ont pas le droit d'utiliser le titre de psychothérapeute. En réalité, qui n'ont plus le droit de se revendiquer psychothérapeutes depuis qu'une loi protège et réserve le titre de psychothérapeute aux psychiatres/médecins, psychologues et psychanalystes selon des critères de formations bien définis (comme décrit plus haut).
Ainsi légalement, un psychopraticien n'a pas le droit d'utiliser le terme "patient" pour désigner ses bénéficaires, mais doit utiliser celui de "client".
La profession de psychopraticien n’étant donc pas réglementée, elle désigne des praticiens avec des formations très variables.
Certaines sont sérieuses et rigoureuses (il existe des formations généralistes certifiées en psychopratique ou psychothérapie délivrées par des institutions reconnues), mais d’autres formations le sont beaucoup moins (formations courtes et/ou en ligne par exemple...) alors que certains psychopraticiens n'ont aucune formation et agissent en autodidactes. Car pour s'installer et pratiquer en tant que psychopraticien, le suivi d’une formation n’est pas obligatoire mais uniquement "recommandé".
Le psychopraticien n'est donc pas soumis à un code de déontologie officiel (comme les médecins et psychologues) et aucun cadre officiel ne peut garantir aux clients le sérieux du professionnel. Le positionnement éthique et les intentions du psychopraticien sont tout autant variables que sa formation.
Certains sont bienveillants et ont suffisamment réfléchi pour adopter la bonne posture et le juste discours professionnels face aux clients. D'autres sont bienveillants mais, souvent atteints par un "syndrome du Sauveur", ils instaurent à leur insu une relation thérapeutique biaisée, illégitime et problématique. Ainsi, par manque de réflexion professionnelle, s'en même s'en rendre compte, en pensant bien faire, ils peuvent par maladresse au contraire ajouter ou même créer du mal-être aux clients. Alors que d'autres n'ont pas d'intentions aussi louables, allant d'objectifs narcissiques, utilitaristes et mercantiles du métier à de véritables volontés malveillantes (arnaques financières, emprise psychologique etc...).
Certes, une formation et un diplôme reconnus par l'état n'empêcheraient pas pour autant l'exercice de professionnels peu compétents ou même malveillants, cependant le risque est moindre, car le diplôme est délivré à ceux qui ont démontré leurs compétences et qui ont su passer toutes les étapes du parcours de formation (la formation des psychiatres et psychologues est sélective contrairement aux formations de psychopratique) et également parce qu'un cadre limitant dans ces professions y est existant et plus rigoureux (déontologie, éthique, serment...), rendant ainsi le repérage de ces professionnels en faute véritablement possible, et les recours disciplinaires et juridiques facilités car déjà prévus dans la loi.
Pour reconnaître le sérieux et les compétences d'un psychopraticien, il est important de le questionner et que ses réponses soient compréhensibles, claires et précises.
Un professionnel qui a suivi une formation sérieuse et qui comprend ce qu'il fait et qui est compétent dans ce qu'il fait, saura très clairement et précisément nommer sa formation, indiquer le temps de formation et où il l'a réalisé, en montrer le(s) diplôme(s) généralement exposé(s) dans le cabinet. Il pourra présenter et décrire ses méthodes, sa pratique et même les limites de celle-ci, c'est à dire qu'il est capable de reconnaître ce qui ne fait pas/plus partie de son champ de compétences. Un psychopraticien de confiance est un professionnel qui inspire aussi confiance. Mais surtout, par la suite, le discours correspond véritablement aux faits. C'est à dire que les propos du psychopraticien se confirment ensuite dans ses actes lors de l'expérience de l'accompagnement.
Si malgré les réponses du psychopraticien et ses réexplications, l'on n'a toujours pas eu d'informations précises sur son titre (laisserait-il entendre qu'il est un "psy" sans préciser qu'il s'agit de psychopratique?), sa formation (quoi, combien de temps, où), que l'on a toujours pas bien cerné ce qu'il "fait", que les informations sur les méthodes utilisées restent floues quant à leur pratique ou objectif, qu'il se présente éventuellement comme capable de résoudre les problématiques de tout domaines et que sa présence ou son cabinet n'inspirent pas vraiment confiance, et qu'enfin l'expérience de l'accompagnement ne correspond pas à ce qu'il en avait dit... alors sans aucun doute est-il un professionnel à éviter...
A noter que finalement cela est tout autant valable pour tout les professionnels des soins psychiques...
Vérifier donc que le psychopraticien:
-
a une solide formation en psychopathologie, acquise au sein d’instituts privés ou publics, sur un temps relativement sérieux
-
maitrise la pratique d’une ou de plusieurs méthodes thérapeutiques
-
dispose d’un savoir-être, c’est-à-dire de capacités humaines et relationnelles (empathie, bonne gestion du stress, écoute, respect de l’autre).
-
éventuellement, a lui-même suivi une thérapie personnelle qui lui aurait permis d'avoir/consolider ses acquis
-
éventuellement, poursuit sa réflexion professionnelle en assistant à des supervisions individuelles ou collectives.
Attention aux confusions
(parfois sciemment entretenues)
concernant le discours sur
la psychopratique:
- Bien qu'il y ait le terme "psy", comme on l'a vu, le psychopraticien n'est pas un professionnel psychiatre, psychologue ou psychanalyste.
- Le psychopraticien n'utilise pas le titre de psychothérapeute, (il n'en a pas le droit), mais utilise le terme de "psychothérapie" voire de "psychopathologie".
Cela donne trompeusement aux clients non initiés, l'idée que le professionnel a des formations et des compétences sur le sujet (ce qui n'est pas forcément le cas puisqu'ils ne sont pas soumis à obligation de formation, ni même de formations sur ces sujets...).
En utilisant ces termes, sans en préciser à escient le contexte, certains psychopraticiens peu scrupuleux s'attribuent, voire usurpent, "l'aura de sérieux professionnel" des véritables psychologues/psychothérapeutes.
Pour autant, et quand bien même le psychopraticien aurait reçu une formation et une formation en techniques psychothérapeutiques et en psychopathologie, cela n'en fait pas un spécialiste de la psychothérapie ou de la psychopathologie car, sauf exceptions, il ne peut justifier de la même quantité et qualité de formations que celles des psychothérapeutes, d'où la nécessité de créer une loi pour protéger la qualité du titre de psychothérapeute.
Seuls les psychiatres et psychanalystes, ainsi que les psychologues et les médecins qui justifient de 400 heures de formations et au moins de 5 mois de stage en psychopathologie clinique peuvent prétendre au titre de psychothérapeute et ce faisant de "psychopathologistes".
Ainsi, il existe des psychologues diplômés (par ex neuropsychologues, psychologues TCC...qui ont tout de même donc 5 années de formation) qui ne peuvent pas non plus prétendre au titre de psychothérapeute puisqu'ils n'ont pas suivi de formation en psychopathologie clinique de 400 heures, ni réalisé au moins 5 mois de stage dans le domaine de la psychopathologie...
Le psychopraticien n'est pas non plus apte à réaliser des accompagnements psychologiques tel un psychologue non psychothérapeute, car il n'en a pas non plus la formation, ni le diplôme. L'accompagnement psychologique, qu'ils soit thérapeutique ou non, n'est pas une simple relation d'aide et cela ne s'improvise pas bien que le psychopraticien puisse avoir de très bonnes qualités relationnelles et d'écoute et/ou qu'il soit de bons conseils...
- Le psychopraticien ne fait pas de "psychothérapie" à proprement parler. Il utilise, en fonction de sa "spécialité", une ou plusieurs techniques de psychothérapie pour aider ses clients, ce qui n'est pas tout à fait la même chose...
D'ailleurs lorsque les formations sont sérieuses, ce sont généralement des techniques de la psychologie cognitive et comportementale, se basant sur les références de la neuropsychologie (hypnose, neurofeedback, EMDR, analyse fonctionnelle...).
D'autres psychopraticiens se revendiquent de techniques plus holistiques, énergétiques, spirituelles, voire chamaniques. Et aussi dans ces approches, certains peuvent justifier de formations sérieuses, multiples et longues...
Dans un cas comme dans l'autre, seule une formation solide, générale, théorique et pratique en psychopathologie clinique permet de savoir quelles techniques sont les plus indiquées, ou bien celles qui sont au contraire contre-indiquées, en fonction de l'âge mais aussi de la structure de personnalité du patient... Car en effet, les connaissances théoriques et l'expérience vérifiée orientent la pratique...
- Attention, parfois le terme de "psychopathologie" est dévoyé dans certains discours de psychopraticiens et utilisé parfois abusivement en lieu et place d'un titre sur une carte et/ou une plaque professionnelle pour attirer positivement l'attention de futurs clients non initiés...
Pour rappel, la psychopathologie est l'étude des troubles mentaux et de leurs causes. C'est donc un ensemble de connaissances sur les troubles mentaux, leurs symptômes et leurs causes possibles qui s'organisent sous forme de classement, pour permettre aux professionnels, notamment psychiatres, médecins et psychologues de poser un diagnostic et proposer des pistes thérapeutiques, selon des repères définis, ainsi que d'avoir un vocabulaire commun, partagé par l'ensemble de ces professions.
La définition de la psychopathologie est donc claire, précise et cantonnée à un domaine particulier... Or il apparait que dans dans certaines formations, notamment des formations courtes de psychopratique, en ligne sur internet, il est proposé des "modules de psychopathologie", quand il ne s'agit pas tout simplement de "formation en psychopathologie" dont le contenu pourtant ne correspond nullement à la définition professionnelle du milieu dont elle est issue. La psychopathologie y est réduite à l'étude des émotions par exemple. De ce fait, il s'agit de formations incomplètes, voire mensongères... dangereuses aussi bien pour les psychopraticiens que pour leurs clients.
- Rappelons-le, un psychopraticien n'a pas le droit légal d'utiliser le terme "patient", il peut utiliser le terme de "client". Certains psychopraticiens utilisent malgré tout le terme de patient et laisseraient ainsi à penser trompeusement qu'ils détiennent des compétences de psychologue reconnus légalement:
- que ce soit par manque de rigueur et/ou méconnaissance du cadre professionnel et légal dans lequel il doit s'inscrire, ce qui augurerait d'un manque de sérieux de sa part ou de sa formation, si du moins il en a fait une, donc aussi de ses connaissances professionnelles et probablement compétences
- que ce soit intentionnel, voire malveillant, car avec le terme de "patient" il usurpe également le contexte relationnel particulier entre un soigné et un soignant et qui dans nos représentations sociales collectives de paradigme occidental de la prise en charge de la santé et de la maladie nous fait considérer le soigné comme en position d'avantage passive qu'un client, et le médecin, détenant d'un savoir d'initié et de compétences que peu ont, en position supérieure et d'autorité. En jouant de façon subtile sur ces représentations, de de façon abusive, cela pourrait conduire le client dit "patient" dans une forme de soumission qui permettrait l'emprise de la part du psychopraticien peu scrupuleux.
-Attention, un psychopraticien, s'il n'est pas médecin, n'a pas le droit de faire l'ordonnance de médicaments, ni d'inciter le client à modifier ou cesser un traitement médicamenteux délivré par un médecin.